
Du regard intellectuel, mental et aux yeux du « connu logique » de l’humain, les pensées sont au cœur de notre expérience quotidienne. Elles façonnent nos émotions, nos actions et nos relations avec le monde qui nous entoure. Deux aspects fondamentaux des pensées sont la mémoire et l’imagination, qui jouent un rôle essentiel dans la construction de notre réalité intérieure et extérieure.
La mémoire
La mémoire est la capacité de notre cerveau à stocker, traiter et rappeler des informations acquises. Elle est indispensable pour apprendre, se rappeler du passé et prendre des décisions informées. Nos pensées sont étroitement liées à notre mémoire, car nous utilisons nos expériences passées pour interpréter et anticiper l’avenir.
Lorsque nous pensons à un événement passé, notre mémoire entre en jeu pour nous aider à nous souvenir des détails, des émotions et des leçons apprises. Nos pensées peuvent être influencées par nos souvenirs, qu’ils soient conscients ou inconscients.
Par exemple, une expérience agréable passée peut susciter des pensées positives et des émotions joyeuses, tandis qu’un souvenir douloureux peut déclencher des pensées négatives et des émotions tristes.
L’imagination
D’autre part, l’imagination est la capacité de créer des scénarios mentaux qui ne sont pas directement issus de nos expériences passées. C’est un outil puissant qui nous permet d’explorer des possibilités, de résoudre des problèmes et de nourrir notre créativité.
Nos pensées imaginatives peuvent être basées sur des éléments réels, mais elles vont au-delà de la simple reproduction de la réalité.
Lorsque nous rêvons de l’avenir, planifions un projet ou inventons une histoire, notre imagination est à l’œuvre. Les pensées qui découlent de notre imagination peuvent être source d’inspiration, de motivation et d’émerveillement.
A contrario en revanche, imaginer des scènes de catastrophes risquent de créer en nous de l’hébétement, de la stagnation ou encore du désenchantement.
Les pensées nous aident à envisager des alternatives, à prendre des risques calculés et à explorer de nouveaux horizons.
Elles sont le produit de nos expériences passées, de nos rêves futurs et de notre capacité à transcender la réalité. En explorant la complexité de nos pensées, nous enrichissons notre compréhension de nous-mêmes et du monde qui nous entoure.
La relation entre mémoire et imagination est complexe et fascinante. Nos pensées sont façonnées par nos souvenirs tout en étant enrichies par notre capacité à imaginer l’inconnu. Cette dynamique entre passé et futur, réalité et fiction, contribue à la richesse et à la diversité de notre vie mentale.
Nos pensées sont le reflet de notre mémoire et de notre imagination.
D’un regard « au-delà du connu logique »
En revanche, tout ce dont nous nous souvenons ou que nous imaginons ne peut être la réalité du moment présent, tout simplement. Ces événements que ravive notre mémoire ou ces événements que nous croyons peuvent arriver créent des angoisses, du stress et un mal-être.
Donc, ce dont nous nous souvenons ne peut vivre que dans et par notre mémoire. Sans quoi, il ne saurait exister. Cela est ce qu’on appelle le passé. Il ne peut exister dans le moment présent, car au moment exact où nous l’avons vécu il était déjà le présent à cet instant X ; mais il n’est plus ce « moment présent ».
De même, ce que dans notre tête nous imaginons en nous créant toutes sortes de scénarios, n’est pas non plus la réalité du moment présent. Il s’agit d’une chose irréelle fabriquée dans nos têtes et que nous appelons le futur.
La mémoire est donc un passé qui déjà n’existe plus ; et l’imagination un futur qui n’existe pas non plus, mais que nous inventons dans ce mental qui nous fait oublier qui nous sommes vraiment.
Ainsi, tous ces souvenirs ne peuvent prendre vie que par nos mémoires. Et nos mémoires appartiennent au passé. Faire revivre cet « avant » est un CHOIX. Et l’être humain (être = intérieur de soi et humain = extérieur à soi) demeure avec la liberté de choisir.
Donc, il appartient à chacun de nous d’écouter ou de maîtriser ces pensées qui surgissent dans notre mental.
Car ce sont elles qui viennent nous assaillir, et non nous qui désirons consciemment les faire venir. Dites-moi, pourquoi choisirions-nous de nous infliger de telles douleurs en leur accordant autant d’importance ? Pourtant, nous entretenons ces pensées en y concentrant toute notre attention.
Que peut-il être et qu’y-a-t-il de réel sinon « l’ici et maintenant » ? Rien, sauf ce qui est là, tout simplement. Notre respiration qui nous fait vivre par exemple, demeure une chose réelle et qu’on ne peut mettre en doute.
Nos pensées sont ainsi le reflet du miroir de notre passé, un hier qui n’est que souvenirs qui ne sont plus ; et le vertige d’un futur encore hypothétique, puisqu’il n’est que création du mental.
Nos pensées façonnent nos émotions, dit-on. Pourtant nous ne sommes ni nos émotions, ni nos perceptions sensorielles, ni nos expériences. Nos sommes « au-delà… nous sommes la vie ».
Nos pensées se promènent entre la mémoire, nos souvenirs, et ces choses de l’imaginaire, le non-réel de ce que nous croyons être « important et la réalité ». Il nous appartient de prendre la décision de les entretenir ces pensées, ou de les laisser simplement passer, telles des nuages qui obscurcissent notre ciel.
N’aimons-nous pas mieux un ciel clair et bleu (espace de paix et de liberté), plutôt qu’un ciel nuageux et gris (nos pensées non-maîtrisées) ?
Delvina Lavoie
PS – Écouter cet article également en version audio.
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