PARDON ET OUBLI

André Comte-Sponville avait déjà dit : « Pardonner, ce n’est ni oublier ni effacer ; c’est renoncer, selon les cas, à punir ou à haïr, et même, parfois à juger.».

Renoncer à punir ou à juger. Se punir soi et l’autre, se juger soi et l’autre. Ce qui parfois semble insurmontable et voir même impossible. Et pourtant, tout n’est-il pas possible ? Sauf bien sûr dans les limites que l’homme s’impose.

Puisque donc pardonner n’est pas oublier, qu’est-ce que pardonner peut bien nous apporter de bon ?

La paix intérieure peut-être ? Pardonner serait alors se libérer et ne plus traîner ce poids de souvenirs auxquels nous nous accrochons, et qui appartiennent à un passé qui déjà n’existe plus. Sauf évidemment dans nos mémoires, et que nous faisons revivre et nourrissons pour mieux nous torturer l’esprit.

Ou encore à se créant mille et un scénarios pour un futur qui lui non plus n’existe pas, car il ne peut se matérialiser que dans nos têtes ; tout comme le passé d’ailleurs. Ce passé n’est pas… il ne peut vivre que dans ce présent si nous choisissons de le faire renaître.

Cet attachement à quoi que ce soit du passé ou d’un futur hypothétique n’amène que de la souffrance imposée, car il est régi par le mental seul. Il est inconscient et devient une addiction amère enroulée de douleurs et de tourments.

En revanche, il faut voir et aller au-delà des apparences, puisque dans le mot pardonner, il y a le mot « don ».

Ce qui veut dire que le pardon que l’on s’accorde à soi devient un cadeau que l’on s’offre. Ce pardon devient ainsi une libération qui allège la fausse croyance de la culpabilité si nous ne persistons pas à appâter le piège.

Certains philosophes soulignent que le vrai pardon ne doit pas nécessairement impliquer l’oubli total, car cela pourrait conduire à une amnésie morale. Il s’agit plutôt d’accepter le passé tout en choisissant de ne pas laisser la douleur le définir ou le dominer. L’oubli, dans ce cas, est une forme de libération, mais pas une suppression complète de la mémoire.

En résumé, « pardon et oubli » représentent un équilibre entre justice, mémoire, et libération.

J’aime bien aussi cette pensée : « Les sots ne pardonnent pas et n’oublient pas. Les naïfs pardonnent et oublient. Les sages pardonnent et n’oublient pas.» – Thomas Szasz

Alors, je pardonne, même si je n’oublie pas.

Delvina Lavoie

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